Adieu
Est le seul mot qui convient
À ces heures tragiques
Où le glas résonne
Adieu
Ce mot t’est dédié
Même si, jusqu’à la fin de ta vie
Tu n’auras voulu le prononcer
Adieu
Mot qui est demeuré en suspend
Entre les murs de ta chambre
Et que tes enfants toujours attendent
Adieu
Ce mot, il te faudra l’admettre
Dans les brumes de ton inconscience
Qu’il était le seul d’approprié
Adieu
Petit soldat de fer
Qui, durant sa vie, aura fait la guerre
Aux affres de sa destinée
Adieu
Femme aux amours pathétiques
Pour une fois, épargne-nous
De nous épargner
Adieu
Au creux de ta confusion
Vois-tu ces visages
Qui t’ont naguère si peu visitée ?
Adieu
C’est avec une infinie tristesse
Que ce mot, hélas
Nous le transmettrons à tes prunelles
Adieu
Jamais plus tes visites et ta présence
Entre mes larmes et mon cœur qui serre
Je te balbutie un au revoir
Adieu
C’est avec une infinie tristesse
Et une voix vacillante
Que nous te disons adieu
Faute de parler, j'écrirai
Je vous souhaite la bienvenue dans ma tête ! Prenez un siège, installez-vous confortablement, et profitez bien de la visite. Mise en garde : ce blog n'est pas conçu pour les âmes trop sensibles, ainsi que les esprits trop fermés. Vous trouverez ici mes textes doux-amers, écrits au fil des ans... Je dédie ce blogue à mes "muses" réelles... ou imaginaires. ^^
mardi 17 mars 2009
Reste... et vis
On dit souvent
Que le temps influence
Le cours des âmes
Surprenant, changeant
C’est si peu dire
Lorsque je vois tes yeux verts
Devenir si gris
Je vois en eux la marée de ton âme
S’obscurcir
Le navire de ta raison
Sombrer
J’aimerais tellement te dire
Que je suis là pour toi
Que mes épaules sont fortes
Et que mon cœur est grand
J’aimerais tellement te dire
Que j’ai besoin de protéger
Et que si je veille sur toi
C’est un peu en souvenir
D’elle
On dit souvent
Que la joie dure parfois
Le temps d’un sourire
D’un rayon de soleil
J’ai pour mon dire
Que je hais la pluie
J’aimerais tellement te dire
Des noms
Te raconter
Des histoires
De ceux et celles qui ont vécu
Des choses pareilles à toi
Peut-être que tu n'y croirais pas
Peut-être que tu t'en ficherais
Mais j’aurais fait ma part
Éviter un sujet
Pour éviter tes larmes
Éviter une colère
Pour t’épargner
Éviter une chanson
Pour te sauvegarder
Reste
Et vis
Que le temps influence
Le cours des âmes
Surprenant, changeant
C’est si peu dire
Lorsque je vois tes yeux verts
Devenir si gris
Je vois en eux la marée de ton âme
S’obscurcir
Le navire de ta raison
Sombrer
J’aimerais tellement te dire
Que je suis là pour toi
Que mes épaules sont fortes
Et que mon cœur est grand
J’aimerais tellement te dire
Que j’ai besoin de protéger
Et que si je veille sur toi
C’est un peu en souvenir
D’elle
On dit souvent
Que la joie dure parfois
Le temps d’un sourire
D’un rayon de soleil
J’ai pour mon dire
Que je hais la pluie
J’aimerais tellement te dire
Des noms
Te raconter
Des histoires
De ceux et celles qui ont vécu
Des choses pareilles à toi
Peut-être que tu n'y croirais pas
Peut-être que tu t'en ficherais
Mais j’aurais fait ma part
Éviter un sujet
Pour éviter tes larmes
Éviter une colère
Pour t’épargner
Éviter une chanson
Pour te sauvegarder
Reste
Et vis
dimanche 22 février 2009
Sur la glace
Je ne me reconnais plus
Je suis sans repères
Immobile, craignant de glisser
De me laisser aller
Je ferme les yeux, et le vide m'accueille
Je suis sans repères
Immobile, seule sur la glace
Mon imagination m'a abandonnée
Et je laisse ma franchise me guider
Mais la franchise est-elle une arme ?
Je me suis mise à nu
Je n'ai jamais été aussi transparente
Je ne peux que croiser les doigts et espérer
Je suis sans repères
Tête baissée, j'avance sur la glace
Je ne sais pas où cela me mènera
Je souhaite que le destin ne me déteste pas
Tête baissée, j'avance sur la glace
Mon bonheur est fragile
Il ne suffirait que tu lui tournes le dos
Pour que je retourne à mes chimères
Je ne me reconnais plus
Je suis sans repères
Immobile, craignant de glisser
De me laisser aller
Je ferme les yeux, et le vide m'accueille
Je suis sans repères
Immobile, seule sur la glace
Mon imagination m'a abandonnée
Et je laisse ma franchise me guider
Mais la franchise est-elle une arme ?
Je me suis mise à nu
Je n'ai jamais été aussi transparente
Je ne peux que croiser les doigts et espérer
Je suis sans repères
Tête baissée, j'avance sur la glace
Je ne sais pas où cela me mènera
Je souhaite que le destin ne me déteste pas
Tête baissée, j'avance sur la glace
Mon bonheur est fragile
Il ne suffirait que tu lui tournes le dos
Pour que je retourne à mes chimères
Je ne me reconnais plus
jeudi 29 janvier 2009
Félicia
- Comment allez-vous, aujourd’hui, Madame Hardman ?
« Parfois, les gens que nous aimons plus que tout au monde nous quittent prématurément », avait dit le prêtre. « Nous aurons beau chercher une Justice sur cette Terre, Dieu décidera toujours du destin de chacun, et même de celui des plus petits d’entre nous qui commençaient à peine leur chemin dans la vie ».
- Comment je vais ? Elle haussa sarcastiquement un sourcil parfaitement épilé. Vous me demandez comment je vais ?
- Oui. Comment allez-vous ? Répondez franchement Félicia. Cela ne vous servira à rien de me mentir.
« Plutôt crever que de continuer à croire en un Dieu pareil », avait alors dit tout haut Félicia. Le prêtre, qui la connaissait depuis sa plus tendre enfance, parut choqué, voire blessé. « Dieu vous aidera à passer à travers cette épreuve » avait-il dit de sa voix de je-sais-tout, alors qu’en fait, il n’en savait rien. Rien à rien. « Ah bon ? Il m’aidera ? Tout comme il m’a aidée jusqu’à maintenant ? Je suis très impressionnée, Monseigneur. Très, très impressionnée ».
- En fait, docteur Marcus, je crois que je vais comme je devrais aller dans pareille occasion… Elle joua avec sa bague fiançailles.
- Et comment devriez-vous vous sentir dans pareille occasion ?
- Donc, si je comprends bien, je vous paie pour que vous me répétiez exactement ce que je vous dis ?
- Le sarcasme ne vous mènera à rien, Félicia. Et vous le savez.
- J’ignore pourquoi vous me dites ça. Il m’a si bien servi, jusqu’à aujourd’hui… Elle soupira.
- Et votre mariage, comment se porte-t-il ?
Elle éclata d’un rire sans joie.
- Mon mariage ? Comment il se porte ? Oh ! Mais il se porte très bien, en dépit du fait que mon mari continue à fréquenter sa si charmante maîtresse : la bouteille. Elle regarda le bout de ses souliers. Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour être une bouteille de vodka, ces derniers temps…
- Si je comprends bien, votre époux refuse toujours de partager sa peine, c’est ça ?
- Quel devin vous êtes ! Elle fit la moue en voyant son air courroucé. D’accord, d’accord. J’arrête mes sarcasmes. Elle croisa les jambes. Oui, Philippe s’enferme toujours dans son mutisme. Oui, je donnerais tout pour qu’on puisse seulement… pleurer ensemble, vous comprenez ? Pour qu’on puisse vivre ensemble cette épreuve au lieu… de vivre sur deux planètes différentes ! Pourtant, nous sommes dans le même bateau, mais… Philippe… Philippe a conservé ses illusions jusqu’au bout, vous voyez.
« Elle s’en sortira, Félicia », avait-il dit, à genoux devant elle, les yeux baignés de larmes. « Elle s’en sortira. IL ne peut pas nous faire cela. IL ne peut pas ! Nous ferons tout en sorte pour qu’elle survive, pour qu’elle puisse continuer à rire ! Pour qu’elle continue à illuminer notre maison !»
- Et vous, Félicia ? Comment vous sentez-vous ? Êtes-vous en mesure de me répondre, maintenant ? D’être franche envers vous-même ?
La sollicitude non feinte du psychologue lui donnait la nausée. Elle ne voulait surtout pas être prise en pitié.
- Comment je vais… Eh bien… Elle soupira. Hier, j’ai eu une journée particulièrement crevante. J’ai passé ma journée au téléphone à essayer de trouver des contacts, du financement, de manière à ne plus dépendre de mon mari, vous voyez ? Tout sauf devenir l’une de ces femmes entretenues qui ne doivent leur réussite qu’à leurs richissimes époux et petits amis… Non. Tout sauf cela… Et lorsque je suis rentrée chez moi, je me suis fait couler un long bain, très chaud, vous savez, avec de l’huile à la lavande, des bougies… et, pendant quelques instants, je me suis demandée si me laisser submerger par cette eau chaude, délicieuse, ne serait pas une si mauvaise idée que ça ; après tout, on n’arrête pas de dire que la mort par noyade n’était pas si affreuse que ça… Oui, pendant quelques instants, cette idée m’a rendue presque joyeuse. Presque paisible. Oui, plus paisible que tous ces mois de souffrance, là, derrière mois, et aussi, devant. Un sommeil éternel…
Elle le vit inscrire quelque chose sur son carnet, agacée.
- Oh, non ! Je ne veux pas de pilules, vous m’entendez !
- Et si elles vous aidaient, ces pilules ? Le psychologue croisa ses longues mains noueuses. Il ne faut pas écouter tous ces cancans à propos des antidépresseurs, Madame Hardman.
- Même à cela ! Ce n’était qu’une « idée » qui m’est passée par la tête ! Ça ne vous vient jamais à l’esprit, vous, l’espoir d’avoir enfin la sainte paix ? Elle eut l’air soudain très lasse. De toute manière, loin de moi l’idée de devenir une sorte de martyre. Je suis une femme forte, et je demeurerai forte…
- Même les plus forts ont droit à leurs moments de faiblesse, Félicia.
- Pas moi. Elle hocha sa tête brune vivement. Pas moi ! La faiblesse, la pitié, la dépression, je laisse ça à d’autres ! Certes, j’ai mes moments de tristesse, de longs moments où tout me semble futile, inutile, où je mourrais simplement pour réentendre son petit rire flûté, sa petite voix pleine d’amour…
« Regarde, maman, le soleil que j’ai dessiné ! Tu crois que l’infirmière va l’accrocher dans le couloir ? À côté de celui des autres enfants ? » avait-elle demandé avec une petite mine. « Bien sûr, Émilie. Ton soleil est le plus beau des soleils… Il va illuminer tout l’étage ! »
- … mais je suis encore capable de me ressaisir. Je… Je veux m’en sortir sans pilules. Est-ce que vous comprenez cela ? Je veux pouvoir dire, plus tard, que j’ai réussi à passer à travers cette épreuve sans aucune « substance », et en être fière. Et… Sa voix de brisa. J’aimerais pouvoir un jour parler avec Phil d’Émilie sans qu’il se terre dans son bureau, dans ses papiers, dans sa boisson…
- Je comprends tout à fait. Il glissa l’ordonnance vers elle. Mais je préférerais quand même que vous preniez ces « substances » au lieu de succomber à vos « idées », OK ?
Félicia opina sans un mot.
-Vous savez, Félicia, il existe un processus de deuil, mais aussi plusieurs façons de passer à travers. Il y a des gens qui s’en sortent très bien, qui vivent chacune des étapes dans une période de temps relativement « normale ». D’autres gens restent bloqués à certaines étapes, en sautent, ou, pire encore, ne vivent jamais leur deuil et, malheureusement, finiront tôt au tard par littéralement « exploser ». Le psychologue se pencha vers elle. Peut-être votre mari sortira-t-il un jour de son mutisme. Peut-être que non, aussi. Certes, il pourrait toujours venir me consulter, moi, ou l’un de mes collègues, mais cela demeure dans tous les cas sa décision… Mais, vous savez Félicia, on ne peut pas exiger des gens ce qu’ils ne sont pas capables de vous donner.
- Je sais. Elle regardait distraitement les diplômes accrochés au mur. Je sais…
- Soit vous acceptez son mutisme, sa manière propre d’accepter, ou non, la mort d’Émilie, ou…
- … je ne l’accepte pas et je pars, c’est ça ? Partir pour assurer mon propre bonheur… Elle haussa les épaules, lasse. Partir où ? Je n’ai aucune amie intime, et ma famille, eh bien, elle est complètement barge… Ma mère est carrément castrante, et mon père, mon très cher père, ne pense qu’à lui, qu’à son fric, et encore qu’à lui…
- La solitude n’est pas une punition, Félicia. Ni un état. Elle n’est qu’une phase, qu’un élan, qu’un moment de répit, prenez cela comme vous voulez, mais pensez positif.
« Pensez positif ! » se dit-elle sarcastique. Elle se rappela de sa peur du rejet, alors qu’elle était toute petite, et de la tristesse qu’elle ressentait lorsqu’elle était mise à part, au secondaire. Pour Félicia Hardman, être seule relevait décidément de la punition.
- Cependant, Félicia, la décision vous appartient. Vous seule pouvez décider de la meilleure option possible.
Elle regarda l’horloge. Quinze heures.
- Encore et toujours, je serai maître de mon bateau, dit-elle, reprenant peu à peu de sa superbe.
Elle se leva, sortit son chéquier, signa, et elle fit un petit salut de la main au psychologue.
- Ne vous inquiétez pas, docteur. Vous n’assisterez pas à mes funérailles la semaine prochaine…
Et elle sortit.
***
Elle jeta ses clés sur le divan en cuir noir, regarda s’il y avait des messages sur le répondeur ; il n’y en avait aucun. Ses collègues avaient tous des familles, ses amies d’enfance étaient parties à l’étranger, et sa famille… bof ! n’en parlons pas.
Elle effleura mélancoliquement le contour métallique de sa photo de mariage. La robe était superbement blanche et virginale, Philippe était magnifiquement beau avec ses cheveux blonds comme les blés et son sourire plein de tendresse, et la journée avait été tout simplement idyllique. Idyllique, oui. Tout comme leur vie de couple, les sept premières années. Ils voyagèrent tant, la première année. Ils visitèrent tous les endroits auxquels ils avaient rêvé durant leur enfance. Ils firent l’amour dans les hôtels les plus cotés de la planète, mangèrent les meilleurs plats des plus grands cuisiniers, se baladèrent sur les plus belles plages. Et les six autres années… Six années à espérer le meilleur pour Émilie, que ce soit les hautes études, la beauté, les amis les plus gentils, les plus sincères, les plus fiables. Et lorsqu’ils apprirent qu’Émilie avait la leucémie, ils n’espérèrent alors plus qu’une chose pour leur fille : la santé. Il fallait qu’elle survive. Elle était tout pour Philippe, Philippe qui avait été si présent, que ce soit lors de ses premiers mots ou de ses premiers pas. Philippe qui avait cherché les meilleurs médecins d’Amérique du Nord. Philippe qui avait prié des heures entières. Certes, Émilie était également le soleil de Félicia, la lumière dans sa vie, mais pas au même point… Pour Philippe, Émilie avait été quelque peu une bouée de sauvage, plus que pour Félicia. Une bouée de sauvetage contre quoi? Probablement contre la cruauté de la vie, contre son injustice ; Émilie vivante, et c’était le paradis sur Terre pour Philippe. Émilie décédée, et c’était la désillusion, voire l’abîme. Il avait toujours été un garçon hypersensible. Têtu, intelligent, mais très, très sensible. Alors que Félicia, aux dires de tous, était forte. Un vrai roc de Gibraltar. Mais le roc de Gibraltar rêvait de ne plus être aussi solide, de s’écrouler, publiquement, pour montrer à tous que Félicia Hardman était, d’abord et avant tout, un être humain.
Elle espéra, pendant quelques brefs instants, que Philippe l’attendrait dans leur chambre. Qu’il lui ouvrirait grands les bras, le visage mouillé de larmes, et qu’il lui dirait, tout simplement : « Nous allons nous en sortir ensemble. Et Émilie sera fière de nous ».
Mais non. Il n’y était pas. Il s’était encore enfermé dans son bureau avec ses papiers, sa vodka et son mutisme. Seul.
Ils vivaient tous deux à la fois dans le même appartement et chacun sur une planète différente, dans deux univers parallèles.
Malgré elle, Félicia la forte laissa échapper un long sanglot et s’écroula sur le parquet parfaitement ciré.
Elle jeta ses clés sur le divan en cuir noir, regarda s’il y avait des messages sur le répondeur ; il n’y en avait aucun. Ses collègues avaient tous des familles, ses amies d’enfance étaient parties à l’étranger, et sa famille… bof ! n’en parlons pas.
Elle effleura mélancoliquement le contour métallique de sa photo de mariage. La robe était superbement blanche et virginale, Philippe était magnifiquement beau avec ses cheveux blonds comme les blés et son sourire plein de tendresse, et la journée avait été tout simplement idyllique. Idyllique, oui. Tout comme leur vie de couple, les sept premières années. Ils voyagèrent tant, la première année. Ils visitèrent tous les endroits auxquels ils avaient rêvé durant leur enfance. Ils firent l’amour dans les hôtels les plus cotés de la planète, mangèrent les meilleurs plats des plus grands cuisiniers, se baladèrent sur les plus belles plages. Et les six autres années… Six années à espérer le meilleur pour Émilie, que ce soit les hautes études, la beauté, les amis les plus gentils, les plus sincères, les plus fiables. Et lorsqu’ils apprirent qu’Émilie avait la leucémie, ils n’espérèrent alors plus qu’une chose pour leur fille : la santé. Il fallait qu’elle survive. Elle était tout pour Philippe, Philippe qui avait été si présent, que ce soit lors de ses premiers mots ou de ses premiers pas. Philippe qui avait cherché les meilleurs médecins d’Amérique du Nord. Philippe qui avait prié des heures entières. Certes, Émilie était également le soleil de Félicia, la lumière dans sa vie, mais pas au même point… Pour Philippe, Émilie avait été quelque peu une bouée de sauvage, plus que pour Félicia. Une bouée de sauvetage contre quoi? Probablement contre la cruauté de la vie, contre son injustice ; Émilie vivante, et c’était le paradis sur Terre pour Philippe. Émilie décédée, et c’était la désillusion, voire l’abîme. Il avait toujours été un garçon hypersensible. Têtu, intelligent, mais très, très sensible. Alors que Félicia, aux dires de tous, était forte. Un vrai roc de Gibraltar. Mais le roc de Gibraltar rêvait de ne plus être aussi solide, de s’écrouler, publiquement, pour montrer à tous que Félicia Hardman était, d’abord et avant tout, un être humain.
Elle espéra, pendant quelques brefs instants, que Philippe l’attendrait dans leur chambre. Qu’il lui ouvrirait grands les bras, le visage mouillé de larmes, et qu’il lui dirait, tout simplement : « Nous allons nous en sortir ensemble. Et Émilie sera fière de nous ».
Mais non. Il n’y était pas. Il s’était encore enfermé dans son bureau avec ses papiers, sa vodka et son mutisme. Seul.
Ils vivaient tous deux à la fois dans le même appartement et chacun sur une planète différente, dans deux univers parallèles.
Malgré elle, Félicia la forte laissa échapper un long sanglot et s’écroula sur le parquet parfaitement ciré.
vendredi 11 avril 2008
La théorie des chimères amoureuses
Il était une fois une princesse qui vivait dans une tour d’ivoire en état de décrépitude avancée située dans un quartier populaire de Montréal. Elle se nommait Morgane, et avait une petite vingtaine d’années – mais l’esprit romantique d’une adolescente de quinze ans. La jeune fille, un brin paresseuse, alternait quelques heures d’études, travail à temps partiel et rêveries à toute heure du jour. Allongée sur le divan de son salon, elle se plongeait dans son monde imaginaire peuplé de princes charmants en veste de cuir, et en oubliait la poussière qui s’accumulait de plus en plus dans sa tanière, à savoir sa chambre, de même que les lectures à effectuer. Utopiste, et quelque peu adepte de la pensée magique, elle espérait trouver l’amour… sans se mouiller. Lorsqu’elle était moindrement intéressée par un garçon, elle se contentait de l’observer de loin, en soupirant, et détournait les yeux moindrement que le bellâtre se mettait en quête de croiser son regard. Ou elle s’arrangeait pour prendre les transports en commun en même temps que lui, sans cependant oser l’approcher. Du haut des remparts de sa forteresse, elle dévisageait les soupirants potentiels, et s’amusait presque à alterner chaleur et douches froides. Pourtant, elle était jolie, intelligente, drôle, mais, malheureusement, elle manquait cruellement de confiance en soi, de même que d’esprit de décision. Et sa mère, la duchesse de la tour, loin d’arranger les choses, se contentait de répéter continuellement à sa princesse de fille qu’elle finirait par trouver son prince à l’université, ou, en cas d’échec, sur le milieu du travail. La jeune fille, tout de même lucide, se savait compliquée, mais ne désirait pas chercher d’aide extérieure ; d’ailleurs, bien que parfois désespérée, elle ne désirait néanmoins pas faire affaire avec Louis Lesage, dont elle connaissait la réputation par ouï-dire. Et elle attendait…
Jusqu’au jour où un jeune homme entra dans sa vie. Était-il exceptionnel ? Pas particulièrement. Était-il aussi brave et valeureux qu’un chevalier se devait de l’être ? Pas du tout. Pourtant, il rendait folle la princesse avec son sourire candide. Pendant des mois, elle rêva à lui, se bâtit des scénarios inimaginables dans sa tête, écrivit des poèmes déchirants, désespéra… sans toutefois l’approcher, lui parler, faire connaissance. Elle était amoureuse – ou, du moins, le jeune prince lui faisait un effet monstre. Sa présence lui faisait perdre le fil de sa conversation, et elle en oubliait des choses derrière elle. Elle se battit même contre une grève étudiante pour le revoir. Mais… Elle ne faisait rien de concret. Parce qu’elle avait peur. Peur de se prendre un râteau mémorable. Peur d’être la seule à soupirer, à se troubler dans son coin. Peur de se rendre compte que finalement son beau prince n’était qu’un alcoolique en devenir, un paresseux pathologique, un fêtard invétéré, un rêveur envasé dans ses illusions et ses chimères. Et cette incertitude, cette attente la faisait terriblement souffrir. Se confiant à ses amis, ceux-ci commencèrent à s’exaspérer de l’entendre parler éternellement du même sujet inlassablement. Ils lui conseillèrent de faire quelque chose, ou sinon ils se mettraient à les ignorer, elle et ses amours à sens unique.
C’est pour cette raison précise qu’un beau matin, elle se décida à lui écrire. Ou, plutôt, à lui poser une question banale. Digne d’un sondage. D’une neutralité absolue. À des milles d’être menaçante, osée, charmeuse. Une jolie petite perche bien innocente. Certaine de recevoir une réponse prochainement, elle envoya son message, l’esprit libéré.
Les jours passèrent. Puis les semaines. À chaque jour, la princesse allumait son ordinateur, et se croisait les doigts.
Aucune réponse.
Rien.
Elle crut, au début, que le message s’était mal rendu. Non. Il était là. Toujours là, en tête de liste. Elle en resta interloquée durant quelques secondes, puis opta pour la perplexité.
Pourquoi ? Pourquoi ne daignait-il pas répondre ? Il était trop occupé ? Nullement intéressé ? Impoli ? Paresseux ? Homosexuel ? Analphabète ?
La princesse élabora de nombreuses théories, angoissée. Elle questionna ses amis, sa parenté, ses voisins, son chat, son hamster, son poisson rouge, qui, tous, à nouveau, se mirent à désespérer d’elle… Pourquoi ne répondait-il donc pas à cette question d’une banalité exaspérante ? Pourquoi ?
Si elle avait su…
Si seulement elle avait su que le jeune homme avait bel et bien lu son message, et avait décidé de lui répondre…
Si seulement elle avait su que par un bel après-midi, en rentrant chez lui, la démarche ondulante et les yeux dans le vague, il avait croisé cette vieille femme… Une vieille femme comme on en voit sur la rue Sainte-Catherine. Les vêtements d’une propreté douteuse, la bouche édentée, l’odeur marquante, mais les yeux pétillants de malice…
Si seulement elle avait vu cette femme retenir le bras du prince de sa longue main griffue et lui tenir, de sa voix chevrotante, ces paroles exactes : « Une jeune fille vous tourne autour. Oubliez-la. Elle vous fera tourner en bourrique. »
Si seulement ces paroles étaient entrées dans l’oreille d’un sourd…
… la princesse romantique aurait peut-être vécu quelque chose de merveilleux avec le prince de ses rêves plus ou moins catholiques.
Mais non.
Il a fallu qu’un jeune homme superstitieux tombe sur une vieille femme particulièrement lucide…
En conclusion, que vous soyez une princesse névrosée ou une amazone dégourdie, ne choisissez pas Internet comme méthode de séduction. On ne sait jamais ce que mettra le destin sur la route de votre prince avant qu’il ne daigne répondre à votre message. Ne faites pas comme elle : foncez, qui à vous prendre le râteau de votre vie… Ou, encore, si vous n'osez pas, oubliez ce garçon qui ne vous voit peut-être même pas, et tournez-vous vers ceux qui attendent désespérément un signe de votre part. Ça vaudra mieux pour votre santé mentale...
Jusqu’au jour où un jeune homme entra dans sa vie. Était-il exceptionnel ? Pas particulièrement. Était-il aussi brave et valeureux qu’un chevalier se devait de l’être ? Pas du tout. Pourtant, il rendait folle la princesse avec son sourire candide. Pendant des mois, elle rêva à lui, se bâtit des scénarios inimaginables dans sa tête, écrivit des poèmes déchirants, désespéra… sans toutefois l’approcher, lui parler, faire connaissance. Elle était amoureuse – ou, du moins, le jeune prince lui faisait un effet monstre. Sa présence lui faisait perdre le fil de sa conversation, et elle en oubliait des choses derrière elle. Elle se battit même contre une grève étudiante pour le revoir. Mais… Elle ne faisait rien de concret. Parce qu’elle avait peur. Peur de se prendre un râteau mémorable. Peur d’être la seule à soupirer, à se troubler dans son coin. Peur de se rendre compte que finalement son beau prince n’était qu’un alcoolique en devenir, un paresseux pathologique, un fêtard invétéré, un rêveur envasé dans ses illusions et ses chimères. Et cette incertitude, cette attente la faisait terriblement souffrir. Se confiant à ses amis, ceux-ci commencèrent à s’exaspérer de l’entendre parler éternellement du même sujet inlassablement. Ils lui conseillèrent de faire quelque chose, ou sinon ils se mettraient à les ignorer, elle et ses amours à sens unique.
C’est pour cette raison précise qu’un beau matin, elle se décida à lui écrire. Ou, plutôt, à lui poser une question banale. Digne d’un sondage. D’une neutralité absolue. À des milles d’être menaçante, osée, charmeuse. Une jolie petite perche bien innocente. Certaine de recevoir une réponse prochainement, elle envoya son message, l’esprit libéré.
Les jours passèrent. Puis les semaines. À chaque jour, la princesse allumait son ordinateur, et se croisait les doigts.
Aucune réponse.
Rien.
Elle crut, au début, que le message s’était mal rendu. Non. Il était là. Toujours là, en tête de liste. Elle en resta interloquée durant quelques secondes, puis opta pour la perplexité.
Pourquoi ? Pourquoi ne daignait-il pas répondre ? Il était trop occupé ? Nullement intéressé ? Impoli ? Paresseux ? Homosexuel ? Analphabète ?
La princesse élabora de nombreuses théories, angoissée. Elle questionna ses amis, sa parenté, ses voisins, son chat, son hamster, son poisson rouge, qui, tous, à nouveau, se mirent à désespérer d’elle… Pourquoi ne répondait-il donc pas à cette question d’une banalité exaspérante ? Pourquoi ?
Si elle avait su…
Si seulement elle avait su que le jeune homme avait bel et bien lu son message, et avait décidé de lui répondre…
Si seulement elle avait su que par un bel après-midi, en rentrant chez lui, la démarche ondulante et les yeux dans le vague, il avait croisé cette vieille femme… Une vieille femme comme on en voit sur la rue Sainte-Catherine. Les vêtements d’une propreté douteuse, la bouche édentée, l’odeur marquante, mais les yeux pétillants de malice…
Si seulement elle avait vu cette femme retenir le bras du prince de sa longue main griffue et lui tenir, de sa voix chevrotante, ces paroles exactes : « Une jeune fille vous tourne autour. Oubliez-la. Elle vous fera tourner en bourrique. »
Si seulement ces paroles étaient entrées dans l’oreille d’un sourd…
… la princesse romantique aurait peut-être vécu quelque chose de merveilleux avec le prince de ses rêves plus ou moins catholiques.
Mais non.
Il a fallu qu’un jeune homme superstitieux tombe sur une vieille femme particulièrement lucide…
En conclusion, que vous soyez une princesse névrosée ou une amazone dégourdie, ne choisissez pas Internet comme méthode de séduction. On ne sait jamais ce que mettra le destin sur la route de votre prince avant qu’il ne daigne répondre à votre message. Ne faites pas comme elle : foncez, qui à vous prendre le râteau de votre vie… Ou, encore, si vous n'osez pas, oubliez ce garçon qui ne vous voit peut-être même pas, et tournez-vous vers ceux qui attendent désespérément un signe de votre part. Ça vaudra mieux pour votre santé mentale...
jeudi 3 avril 2008
Créativité
Je l'avais croisée par un beau matin
Je me baladais et elle m'avait envoyé la main
Le sourire au visage
Cette impression de déjà vu... qui était ce personnage?
Elle semblait joyeuse
Elle a fait de moi une envieuse
Elle avait le goût de se confier
De moi, elle s'était approchée
Sa voix était vive
Ses gestes, lestes
Elle portait en elle une joie de vivre
Elle était heureuse, quelle évidence !
Elle m'a dit, tout simplement
"Salut toi! Ça va comment?
La vie est belle, tu ne trouves pas?
S’il n’en était que de moi,
Je me mettrais à fêter
Avec de la musique à tout casser!
Qu'en penses-tu?
Mon idée n'est-elle pas saugrenue?
Pourquoi me regardes-tu comme cela?
De mon attention envers toi, en fais-tu un cas?"
Elle me regardait, coquine et espiègle
Tel l'enfant et son grand nez qui vers moi se pointe
Je n'ai su quoi lui dire
Mon regard étant détourné sur son sourire
Je me sentais emportée
Le 7e ciel de moi s'était approché
Pourquoi? Pourquoi?
Pourquoi se sentir bouleversée comme ça?
Si j'avais su le dire,
Ça m'aurait peut-être empêchée de rougir...
Elle ne sembla pas remarquer mon désarroi
"Bon, pas grave, si tu ne réponds pas
Ce n'est pas un drame
Je me sens trop bien pour être dramatique
Vois-tu, j'ai plein de projets en tête
Des projets qui virevoltent, des projets qui dansent
Que c'est bon d'exercer le métier que je fais
Ça vous donne l'une de ses énergies, l'une de ses paix!
Si tu ne le savais guère,
Ce sont les mots que j'espère
Que je cherche
Et que je dépose
Sur une belle feuille de papier blanc
Des mots comme les vagues dans un océan
Tu sais, il y en a partout, des mots
Des bien jolis, ou des pas beaux
Il y en a qui font de la musique
Il y en a qui ne font qu'être comiques
Que penses-tu du mot "magie"?
Juste à le dire, on rêve, on s'imagine loin d'ici
Mais où ça?
Il y a aussi le mot "maladroit"
Celui-là, je crains de l'utiliser
Il pourrait bien tout briser
Je préfère celui qui s'appelle "douceur"
Il souffle sur nos larmes quand on pleure
Les mots "guerre" et "violence", ils me font peur
Ils sont vilains, ils créent de la noirceur
Et toi, quel mot aimes-tu?
Si je me fie à ton air abattu
Je dirais sans détour
Le mot "amour"!
Oui, oui je l'ai eu dans le mille
Juste à en voir tes yeux qui brillent!"
Un ange passa
Elle rit aux éclats
Je fermai les yeux et quand je les ouvris
Elle était partie
Seuls quelques échos demeuraient
Flottant dans les airs à tout jamais
"Quel beau métier que d'être auteur
Dans un livre, on ne peut faire d'erreurs
C'est notre vie que l'on raconte
Ce sont nos gestes qui s'y impriment
Les gens, eux, ne sont que des spectateurs
Oui, on ne peut faire d'erreurs
Par contre, on peut donner un mauvais spectacle
Dans nos aventures
Les mots y sont parfois de mauvais acteurs
Le metteur en scène, moi, n’y aurait pas mis tout son coeur
Mais, d’autres fois, on se croirait au ballet
Oh non! Plutôt devant une toile de Monet
Les lignes sont exquises
Les chorégraphies dignes d'un rêve
Comme il est rare
De voir pareil chef-d’œuvre !
Seuls les maîtres savent en faire
Ou même
Tous ceux qui ont plus ou moins l'âme bohème
Peut-être même un enfant
Puisant ses phrases dans ses paroles, ses mots dans un chant
Une telle pureté...
Oh la la! Est-ce possible à réaliser?"
Les mots se répétèrent, et se répétèrent
Qui aurait bien pu se lasser de ces vers?
Moi, je m'ennuyais, seule, toute seule ici
Elle était partie
Est-ce que je vous ai fait savoir son identité?
Oui? Non? Peut-être? Puis-je savoir la vérité?
Eh bien! Je vous le dirai, même si vous l'aviez deviné
On ne l'a nomme qu'en un seul mot : Créativité
Je me baladais et elle m'avait envoyé la main
Le sourire au visage
Cette impression de déjà vu... qui était ce personnage?
Elle semblait joyeuse
Elle a fait de moi une envieuse
Elle avait le goût de se confier
De moi, elle s'était approchée
Sa voix était vive
Ses gestes, lestes
Elle portait en elle une joie de vivre
Elle était heureuse, quelle évidence !
Elle m'a dit, tout simplement
"Salut toi! Ça va comment?
La vie est belle, tu ne trouves pas?
S’il n’en était que de moi,
Je me mettrais à fêter
Avec de la musique à tout casser!
Qu'en penses-tu?
Mon idée n'est-elle pas saugrenue?
Pourquoi me regardes-tu comme cela?
De mon attention envers toi, en fais-tu un cas?"
Elle me regardait, coquine et espiègle
Tel l'enfant et son grand nez qui vers moi se pointe
Je n'ai su quoi lui dire
Mon regard étant détourné sur son sourire
Je me sentais emportée
Le 7e ciel de moi s'était approché
Pourquoi? Pourquoi?
Pourquoi se sentir bouleversée comme ça?
Si j'avais su le dire,
Ça m'aurait peut-être empêchée de rougir...
Elle ne sembla pas remarquer mon désarroi
"Bon, pas grave, si tu ne réponds pas
Ce n'est pas un drame
Je me sens trop bien pour être dramatique
Vois-tu, j'ai plein de projets en tête
Des projets qui virevoltent, des projets qui dansent
Que c'est bon d'exercer le métier que je fais
Ça vous donne l'une de ses énergies, l'une de ses paix!
Si tu ne le savais guère,
Ce sont les mots que j'espère
Que je cherche
Et que je dépose
Sur une belle feuille de papier blanc
Des mots comme les vagues dans un océan
Tu sais, il y en a partout, des mots
Des bien jolis, ou des pas beaux
Il y en a qui font de la musique
Il y en a qui ne font qu'être comiques
Que penses-tu du mot "magie"?
Juste à le dire, on rêve, on s'imagine loin d'ici
Mais où ça?
Il y a aussi le mot "maladroit"
Celui-là, je crains de l'utiliser
Il pourrait bien tout briser
Je préfère celui qui s'appelle "douceur"
Il souffle sur nos larmes quand on pleure
Les mots "guerre" et "violence", ils me font peur
Ils sont vilains, ils créent de la noirceur
Et toi, quel mot aimes-tu?
Si je me fie à ton air abattu
Je dirais sans détour
Le mot "amour"!
Oui, oui je l'ai eu dans le mille
Juste à en voir tes yeux qui brillent!"
Un ange passa
Elle rit aux éclats
Je fermai les yeux et quand je les ouvris
Elle était partie
Seuls quelques échos demeuraient
Flottant dans les airs à tout jamais
"Quel beau métier que d'être auteur
Dans un livre, on ne peut faire d'erreurs
C'est notre vie que l'on raconte
Ce sont nos gestes qui s'y impriment
Les gens, eux, ne sont que des spectateurs
Oui, on ne peut faire d'erreurs
Par contre, on peut donner un mauvais spectacle
Dans nos aventures
Les mots y sont parfois de mauvais acteurs
Le metteur en scène, moi, n’y aurait pas mis tout son coeur
Mais, d’autres fois, on se croirait au ballet
Oh non! Plutôt devant une toile de Monet
Les lignes sont exquises
Les chorégraphies dignes d'un rêve
Comme il est rare
De voir pareil chef-d’œuvre !
Seuls les maîtres savent en faire
Ou même
Tous ceux qui ont plus ou moins l'âme bohème
Peut-être même un enfant
Puisant ses phrases dans ses paroles, ses mots dans un chant
Une telle pureté...
Oh la la! Est-ce possible à réaliser?"
Les mots se répétèrent, et se répétèrent
Qui aurait bien pu se lasser de ces vers?
Moi, je m'ennuyais, seule, toute seule ici
Elle était partie
Est-ce que je vous ai fait savoir son identité?
Oui? Non? Peut-être? Puis-je savoir la vérité?
Eh bien! Je vous le dirai, même si vous l'aviez deviné
On ne l'a nomme qu'en un seul mot : Créativité
Nostalgie
Au fil des jours
Au fil des mois, au fil des ans
Mon cœur se tord
Et moi, je crie « encore ! «
Le plus grand drame de ma vie
Réside en notre incapacité
De revenir en arrière
De revoir ces êtres chers
Et mon âme se déchire
Et si j’y pense
Des flots inondent mon visage
Je me sens si… impuissante
Je rêve de revoir leurs visages
Je rêve de réentendre leurs voix
Je rêve de sentir à nouveau leur sourire
Réchauffer mon cœur
Je ressens une nostalgie implacable
Devenue si douloureuse, presque palpable
Du simple fait
Que je ne peux rien y faire
Jamais plus une seconde avec eux
Ils sont partis ; au revoir, mes chéris !
Ne laissant derrière eux, en moi
Que cette nostalgie imperturbable
Au fil des mois, au fil des ans
Mon cœur se tord
Et moi, je crie « encore ! «
Le plus grand drame de ma vie
Réside en notre incapacité
De revenir en arrière
De revoir ces êtres chers
Et mon âme se déchire
Et si j’y pense
Des flots inondent mon visage
Je me sens si… impuissante
Je rêve de revoir leurs visages
Je rêve de réentendre leurs voix
Je rêve de sentir à nouveau leur sourire
Réchauffer mon cœur
Je ressens une nostalgie implacable
Devenue si douloureuse, presque palpable
Du simple fait
Que je ne peux rien y faire
Jamais plus une seconde avec eux
Ils sont partis ; au revoir, mes chéris !
Ne laissant derrière eux, en moi
Que cette nostalgie imperturbable
Si tu t'en vas
Si t'en vas
C'est une partie de mon âme
Qui part avec toi
Et cela, pour toujours
Si tu t'en vas
Je ne serai plus
Qu'une partie de moi-même
Malgré toi
Si tu t'en vas
Mon ciel, ma belle
Sera gris
Et mon soleil, bien terne
Si tu t'en vas
Je renierai Dieu
Pour t'avoir éternellement
Éloignée de moi
Si tu t’en vas
Je crierai sur les toits ma rage
Et dans l'obscur de ma nuit
Je pleurerai ton nom
Si tu t'en vas
Mes sourires ne se feront
Qu'hypocrites
Tu étais ma joie
Si tu t'en vas
Je me ferai docteur
Pour en montrer
À tous ces incapables
Si tu t'en vas
Je souhaiterai te rejoindre
Mais je ne pourrai pas
Par amour de toi
Si tu t'en vas
Une partie de ma vie
S'en va aussi
Avec toi...
C'est une partie de mon âme
Qui part avec toi
Et cela, pour toujours
Si tu t'en vas
Je ne serai plus
Qu'une partie de moi-même
Malgré toi
Si tu t'en vas
Mon ciel, ma belle
Sera gris
Et mon soleil, bien terne
Si tu t'en vas
Je renierai Dieu
Pour t'avoir éternellement
Éloignée de moi
Si tu t’en vas
Je crierai sur les toits ma rage
Et dans l'obscur de ma nuit
Je pleurerai ton nom
Si tu t'en vas
Mes sourires ne se feront
Qu'hypocrites
Tu étais ma joie
Si tu t'en vas
Je me ferai docteur
Pour en montrer
À tous ces incapables
Si tu t'en vas
Je souhaiterai te rejoindre
Mais je ne pourrai pas
Par amour de toi
Si tu t'en vas
Une partie de ma vie
S'en va aussi
Avec toi...
mercredi 26 mars 2008
Merci
Si je ferme les yeux
Ce soir
Si je me mets à genoux
Les mains jointes
Revolver à mes côtés
Des larmes roulant sur mes joues
Si je n'ai plus le goût de me lever
Si je n'ai plus le goût de rire
Si je n'ai plus le goût de vivre
Aide-moi
Si je veux partir
Demain matin
Si je ne veux plus vivre en ces lieux
Si j'en ai marre
De crier après ma mère
De voir mon père
Jour après jour
Goulot aux lèvres
Si je ne les aime plus
Aide-moi
Si je me mets à pleurer
Sans raisons apparentes
Si je me fâche pour tout
Et pour rien
Si je me mets à le détester
Du plus profond de mon cœur
Si je le renie
Oui, si je nie connaître son nom
Sans cesser de l'aimer
Aide-moi
Pour toutes ces raisons
Je te remercie
Même si pour moi
Tout va bien
Car je sais
Que si je chutais
Tu serais là
Pour me soutenir
À tout jamais
Je te remercie
Ce soir
Si je me mets à genoux
Les mains jointes
Revolver à mes côtés
Des larmes roulant sur mes joues
Si je n'ai plus le goût de me lever
Si je n'ai plus le goût de rire
Si je n'ai plus le goût de vivre
Aide-moi
Si je veux partir
Demain matin
Si je ne veux plus vivre en ces lieux
Si j'en ai marre
De crier après ma mère
De voir mon père
Jour après jour
Goulot aux lèvres
Si je ne les aime plus
Aide-moi
Si je me mets à pleurer
Sans raisons apparentes
Si je me fâche pour tout
Et pour rien
Si je me mets à le détester
Du plus profond de mon cœur
Si je le renie
Oui, si je nie connaître son nom
Sans cesser de l'aimer
Aide-moi
Pour toutes ces raisons
Je te remercie
Même si pour moi
Tout va bien
Car je sais
Que si je chutais
Tu serais là
Pour me soutenir
À tout jamais
Je te remercie
Sans toi
Hier, elle m’a demandé
De tes nouvelles
Elle a un peu pleuré
La si jeune demoiselle
Elle voulait que je te raconte
Ses aventures au lycée
Les profs qui lui font honte
Les garçons pour lesquels elle a craqué
Elle a rempli ses cahiers
De lettres passionnées
Qui te sont toutes destinées
Et cela depuis belle lurette
Elle n’est plus la même
Son sourire s’est attristé
Son rire s’est fané
Elle me soupire qu’elle t’aime
Ses notes ont chuté
Par moi, elle se fait gronder
Sa porte claque souvent
Je ne suis plus sa douce maman
Elle s’est fait un copain
Il s’appelle Julien
Elle se fait des idées
Elle aimerait te le présenter
La semaine dernière
Ses songes t’ont visité
Entre deux, elle a soufflé une prière
Comme tu vois, elle espère
Je ne reconnais plus ma fille
Ses yeux se sont éteints
Jamais plus elle ne jubile
Seule, elle emmerde le destin
Sans toi
Elle n’est plus la même
Tu lui manques
Chaque jour un peu plus
Sans toi
Elle a perdu ses espoirs
Innocence disparue
Les hommes en blanc, elle ne les croit plus
Sans toi
Notre vie a changé
Et moi ? Comment je vais ?
N’en parlons pas, veux-tu ?
Demain
Elle te visitera
Elle saluera tes rosiers
De là-haut, la verras-tu ?
De tes nouvelles
Elle a un peu pleuré
La si jeune demoiselle
Elle voulait que je te raconte
Ses aventures au lycée
Les profs qui lui font honte
Les garçons pour lesquels elle a craqué
Elle a rempli ses cahiers
De lettres passionnées
Qui te sont toutes destinées
Et cela depuis belle lurette
Elle n’est plus la même
Son sourire s’est attristé
Son rire s’est fané
Elle me soupire qu’elle t’aime
Ses notes ont chuté
Par moi, elle se fait gronder
Sa porte claque souvent
Je ne suis plus sa douce maman
Elle s’est fait un copain
Il s’appelle Julien
Elle se fait des idées
Elle aimerait te le présenter
La semaine dernière
Ses songes t’ont visité
Entre deux, elle a soufflé une prière
Comme tu vois, elle espère
Je ne reconnais plus ma fille
Ses yeux se sont éteints
Jamais plus elle ne jubile
Seule, elle emmerde le destin
Sans toi
Elle n’est plus la même
Tu lui manques
Chaque jour un peu plus
Sans toi
Elle a perdu ses espoirs
Innocence disparue
Les hommes en blanc, elle ne les croit plus
Sans toi
Notre vie a changé
Et moi ? Comment je vais ?
N’en parlons pas, veux-tu ?
Demain
Elle te visitera
Elle saluera tes rosiers
De là-haut, la verras-tu ?
Et si
Les yeux dans le vague
La tête ailleurs
Je fixe le vide
Et je me remémore
Ce qui m'avait ébranlée
Lorsque tout a commencé
Et si, innocemment, je te disais
Que je pense souvent à toi
Que me dirais-tu ?
Fuirais-tu si je te parlais
À brûle-pourpoint
De ce qui me trouble ces derniers temps ?
Et si, m'enhardissant, je te disais
Que tu m'attires
Que ferais-tu ?
Me prendrais-tu au sérieux ?
Jouerais-tu avec mes sentiments ?
Comme tu vois, je n'ose pas
Et si, après tout cela, je te disais
Que je t'aime à coeur défendant
Que me répondrais-tu ?
Mais tu n'en sauras rien
Car je suis lasse de me demander
Si je suis la seule à me morfondre
La seule à espérer
La seule à tenter en vain de croire
Qu'il existe un quelconque espoir
De réunir deux êtres aussi différents
Et je fuirai ton regard
Je mettrai un masque d'indifférence
J'emprunterai des chemins
Parallèles aux tiens
Pour ne pas que tu saches
À quel point tu me bouleverses
Je fermerai les yeux
Et, enfin
Ce ne sera plus ton visage
Qui viendra me hanter
Mais avant de t'oublier
Je te dédie, entre autres
Mes larmes amères
Mon bonheur factice
Et tu pourras dire à tes enfants
Que des poêmes t'auront été dédiés
Car, à défaut d'avoir pu m'aimer
Mes mots seront là pour te narguer
La tête ailleurs
Je fixe le vide
Et je me remémore
Ce qui m'avait ébranlée
Lorsque tout a commencé
Et si, innocemment, je te disais
Que je pense souvent à toi
Que me dirais-tu ?
Fuirais-tu si je te parlais
À brûle-pourpoint
De ce qui me trouble ces derniers temps ?
Et si, m'enhardissant, je te disais
Que tu m'attires
Que ferais-tu ?
Me prendrais-tu au sérieux ?
Jouerais-tu avec mes sentiments ?
Comme tu vois, je n'ose pas
Et si, après tout cela, je te disais
Que je t'aime à coeur défendant
Que me répondrais-tu ?
Mais tu n'en sauras rien
Car je suis lasse de me demander
Si je suis la seule à me morfondre
La seule à espérer
La seule à tenter en vain de croire
Qu'il existe un quelconque espoir
De réunir deux êtres aussi différents
Et je fuirai ton regard
Je mettrai un masque d'indifférence
J'emprunterai des chemins
Parallèles aux tiens
Pour ne pas que tu saches
À quel point tu me bouleverses
Je fermerai les yeux
Et, enfin
Ce ne sera plus ton visage
Qui viendra me hanter
Mais avant de t'oublier
Je te dédie, entre autres
Mes larmes amères
Mon bonheur factice
Et tu pourras dire à tes enfants
Que des poêmes t'auront été dédiés
Car, à défaut d'avoir pu m'aimer
Mes mots seront là pour te narguer
mercredi 19 mars 2008
Souvenirs d'amour
Parlez-moi d’amour
Parlez-moi d’amour
Je me moque de vos principes
Je me moque de votre fausse gêne
Tous, parmi vous
Avez déjà aimé
Alors, pourquoi ne pas raconter
À moi, l’ignorante?
Parlez-moi de votre cœur qui bat
Lorsque vous la voyez
Parlez-moi de vos joues rouges
Quand vous croisez son chemin
Parlez-moi de vos sourires
Lorsque vous entendez prononcer son nom
Parlez-moi du premier baiser
Parlez-moi des draps froissés
Allez-y doucement
Pour ne pas perturber mon innocence
Parlez-moi de ces regards
Lancés par en dessous
Parlez-moi de vos mains entrelacées
Parlez-moi de ces fois où vous avez dansé
Ne me parlez pas de frivolité
Mon âme romantique en serait offensée
Parlez-moi de vos lettres enflammées
Parlez-moi de vos premières disputes
Je veux revoir les sourires
De vos enfants
Et maintenant
Dites-moi pourquoi
Vous ne pensez aujourd’hui
Qu’à vous éloigner?
Parlez-moi d’amour
Je me moque de vos principes
Je me moque de votre fausse gêne
Tous, parmi vous
Avez déjà aimé
Alors, pourquoi ne pas raconter
À moi, l’ignorante?
Parlez-moi de votre cœur qui bat
Lorsque vous la voyez
Parlez-moi de vos joues rouges
Quand vous croisez son chemin
Parlez-moi de vos sourires
Lorsque vous entendez prononcer son nom
Parlez-moi du premier baiser
Parlez-moi des draps froissés
Allez-y doucement
Pour ne pas perturber mon innocence
Parlez-moi de ces regards
Lancés par en dessous
Parlez-moi de vos mains entrelacées
Parlez-moi de ces fois où vous avez dansé
Ne me parlez pas de frivolité
Mon âme romantique en serait offensée
Parlez-moi de vos lettres enflammées
Parlez-moi de vos premières disputes
Je veux revoir les sourires
De vos enfants
Et maintenant
Dites-moi pourquoi
Vous ne pensez aujourd’hui
Qu’à vous éloigner?
Médias
Regardez-les, ces insensibles!
Ces maniaques de la pellicule
Qui se nourrissent de la honte
De la violence, du sang, de la mort
Et qui, toujours encore
Emprisonnent la vie en chambre noire
Regardez-les, ces affamés!
Qui recherchent le choc
Rarement la vérité
C'est à se demander
Si leurs babioles dernier cri
N'auraient pas avalé leur âme
Regardez-les, ces paumés!
Par la télé ensorcelés
Et qui ne distinguent plus
Le vrai du faux
Qui se cherchent de l'amitié
Sur écrans cathodiques
Regardez-les, ces barbares!
Maniaques de l'hémoglobine
Regardez-les saliver
Comme au temps des arènes
Vous leur livrez, sur un plateau d'argent
Une misère pas si virtuelle
Regardez-les, ces escrocs!
Enragés de la propagande
Des milliers de copies
D'images atroces
Ce sont des profiteurs
Portant le doux nom d’artistes
Ces maniaques de la pellicule
Qui se nourrissent de la honte
De la violence, du sang, de la mort
Et qui, toujours encore
Emprisonnent la vie en chambre noire
Regardez-les, ces affamés!
Qui recherchent le choc
Rarement la vérité
C'est à se demander
Si leurs babioles dernier cri
N'auraient pas avalé leur âme
Regardez-les, ces paumés!
Par la télé ensorcelés
Et qui ne distinguent plus
Le vrai du faux
Qui se cherchent de l'amitié
Sur écrans cathodiques
Regardez-les, ces barbares!
Maniaques de l'hémoglobine
Regardez-les saliver
Comme au temps des arènes
Vous leur livrez, sur un plateau d'argent
Une misère pas si virtuelle
Regardez-les, ces escrocs!
Enragés de la propagande
Des milliers de copies
D'images atroces
Ce sont des profiteurs
Portant le doux nom d’artistes
Laissez-la partir
Laissez-la partir
Elle ne demande que ça
Libérez-la
Redonnez-lui ses ailes
La retenir
Ne vous la rendra guère
Laissez-la partir
N'avez-vous pas honte?
Un ange doit s'envoler
Redonnez-lui sa liberté
La retenir
Ne serait qu'égoïsme
Laissez-la partir
Ce sera souffrant
Ce sera douloureux
Mais pensez-y
Vous ne pouvez retenir
L'intenable
Ce serait comme couper les ailes
À un oiseau sauvage
Laissez-la partir
Fermez les yeux
Dites-lui "adieu"
Pensez que c'est pour le mieux
La garder avec vous
Ne fera que la faire souffrir
Laissez-la partir
Sans remords
Sans peine
Soyez heureux
Pour elle qui sourit déjà
Aux anges...
Elle ne demande que ça
Libérez-la
Redonnez-lui ses ailes
La retenir
Ne vous la rendra guère
Laissez-la partir
N'avez-vous pas honte?
Un ange doit s'envoler
Redonnez-lui sa liberté
La retenir
Ne serait qu'égoïsme
Laissez-la partir
Ce sera souffrant
Ce sera douloureux
Mais pensez-y
Vous ne pouvez retenir
L'intenable
Ce serait comme couper les ailes
À un oiseau sauvage
Laissez-la partir
Fermez les yeux
Dites-lui "adieu"
Pensez que c'est pour le mieux
La garder avec vous
Ne fera que la faire souffrir
Laissez-la partir
Sans remords
Sans peine
Soyez heureux
Pour elle qui sourit déjà
Aux anges...
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