Je vous souhaite la bienvenue dans ma tête ! Prenez un siège, installez-vous confortablement, et profitez bien de la visite. Mise en garde : ce blog n'est pas conçu pour les âmes trop sensibles, ainsi que les esprits trop fermés. Vous trouverez ici mes textes doux-amers, écrits au fil des ans... Je dédie ce blogue à mes "muses" réelles... ou imaginaires. ^^

mercredi 26 mars 2008

Merci

Si je ferme les yeux
Ce soir
Si je me mets à genoux
Les mains jointes
Revolver à mes côtés
Des larmes roulant sur mes joues
Si je n'ai plus le goût de me lever
Si je n'ai plus le goût de rire
Si je n'ai plus le goût de vivre
Aide-moi

Si je veux partir
Demain matin
Si je ne veux plus vivre en ces lieux
Si j'en ai marre
De crier après ma mère
De voir mon père
Jour après jour
Goulot aux lèvres
Si je ne les aime plus
Aide-moi

Si je me mets à pleurer
Sans raisons apparentes
Si je me fâche pour tout
Et pour rien
Si je me mets à le détester
Du plus profond de mon cœur
Si je le renie
Oui, si je nie connaître son nom
Sans cesser de l'aimer
Aide-moi

Pour toutes ces raisons
Je te remercie
Même si pour moi
Tout va bien
Car je sais
Que si je chutais
Tu serais là
Pour me soutenir
À tout jamais
Je te remercie

Sans toi

Hier, elle m’a demandé
De tes nouvelles
Elle a un peu pleuré
La si jeune demoiselle

Elle voulait que je te raconte
Ses aventures au lycée
Les profs qui lui font honte
Les garçons pour lesquels elle a craqué

Elle a rempli ses cahiers
De lettres passionnées
Qui te sont toutes destinées
Et cela depuis belle lurette

Elle n’est plus la même
Son sourire s’est attristé
Son rire s’est fané
Elle me soupire qu’elle t’aime

Ses notes ont chuté
Par moi, elle se fait gronder
Sa porte claque souvent
Je ne suis plus sa douce maman

Elle s’est fait un copain
Il s’appelle Julien
Elle se fait des idées
Elle aimerait te le présenter

La semaine dernière
Ses songes t’ont visité
Entre deux, elle a soufflé une prière
Comme tu vois, elle espère

Je ne reconnais plus ma fille
Ses yeux se sont éteints
Jamais plus elle ne jubile
Seule, elle emmerde le destin

Sans toi
Elle n’est plus la même
Tu lui manques
Chaque jour un peu plus

Sans toi
Elle a perdu ses espoirs
Innocence disparue
Les hommes en blanc, elle ne les croit plus

Sans toi
Notre vie a changé
Et moi ? Comment je vais ?
N’en parlons pas, veux-tu ?

Demain
Elle te visitera
Elle saluera tes rosiers

De là-haut, la verras-tu ?

Et si

Les yeux dans le vague
La tête ailleurs
Je fixe le vide
Et je me remémore
Ce qui m'avait ébranlée
Lorsque tout a commencé

Et si, innocemment, je te disais
Que je pense souvent à toi
Que me dirais-tu ?
Fuirais-tu si je te parlais
À brûle-pourpoint
De ce qui me trouble ces derniers temps ?

Et si, m'enhardissant, je te disais
Que tu m'attires
Que ferais-tu ?
Me prendrais-tu au sérieux ?
Jouerais-tu avec mes sentiments ?
Comme tu vois, je n'ose pas

Et si, après tout cela, je te disais
Que je t'aime à coeur défendant
Que me répondrais-tu ?
Mais tu n'en sauras rien
Car je suis lasse de me demander
Si je suis la seule à me morfondre
La seule à espérer
La seule à tenter en vain de croire
Qu'il existe un quelconque espoir
De réunir deux êtres aussi différents
Et je fuirai ton regard
Je mettrai un masque d'indifférence
J'emprunterai des chemins
Parallèles aux tiens
Pour ne pas que tu saches
À quel point tu me bouleverses
Je fermerai les yeux
Et, enfin
Ce ne sera plus ton visage
Qui viendra me hanter

Mais avant de t'oublier
Je te dédie, entre autres
Mes larmes amères
Mon bonheur factice
Et tu pourras dire à tes enfants
Que des poêmes t'auront été dédiés
Car, à défaut d'avoir pu m'aimer
Mes mots seront là pour te narguer

mercredi 19 mars 2008

Souvenirs d'amour

Parlez-moi d’amour
Parlez-moi d’amour
Je me moque de vos principes
Je me moque de votre fausse gêne
Tous, parmi vous
Avez déjà aimé
Alors, pourquoi ne pas raconter
À moi, l’ignorante?
Parlez-moi de votre cœur qui bat
Lorsque vous la voyez
Parlez-moi de vos joues rouges
Quand vous croisez son chemin
Parlez-moi de vos sourires
Lorsque vous entendez prononcer son nom
Parlez-moi du premier baiser
Parlez-moi des draps froissés
Allez-y doucement
Pour ne pas perturber mon innocence
Parlez-moi de ces regards
Lancés par en dessous
Parlez-moi de vos mains entrelacées
Parlez-moi de ces fois où vous avez dansé
Ne me parlez pas de frivolité
Mon âme romantique en serait offensée
Parlez-moi de vos lettres enflammées
Parlez-moi de vos premières disputes
Je veux revoir les sourires
De vos enfants
Et maintenant
Dites-moi pourquoi
Vous ne pensez aujourd’hui
Qu’à vous éloigner?

Médias

Regardez-les, ces insensibles!
Ces maniaques de la pellicule
Qui se nourrissent de la honte
De la violence, du sang, de la mort
Et qui, toujours encore
Emprisonnent la vie en chambre noire

Regardez-les, ces affamés!
Qui recherchent le choc
Rarement la vérité
C'est à se demander
Si leurs babioles dernier cri
N'auraient pas avalé leur âme

Regardez-les, ces paumés!
Par la télé ensorcelés
Et qui ne distinguent plus
Le vrai du faux
Qui se cherchent de l'amitié
Sur écrans cathodiques

Regardez-les, ces barbares!
Maniaques de l'hémoglobine
Regardez-les saliver
Comme au temps des arènes
Vous leur livrez, sur un plateau d'argent
Une misère pas si virtuelle

Regardez-les, ces escrocs!
Enragés de la propagande
Des milliers de copies
D'images atroces
Ce sont des profiteurs
Portant le doux nom d’artistes

Laissez-la partir

Laissez-la partir
Elle ne demande que ça
Libérez-la
Redonnez-lui ses ailes
La retenir
Ne vous la rendra guère

Laissez-la partir
N'avez-vous pas honte?
Un ange doit s'envoler
Redonnez-lui sa liberté
La retenir
Ne serait qu'égoïsme

Laissez-la partir
Ce sera souffrant
Ce sera douloureux
Mais pensez-y
Vous ne pouvez retenir
L'intenable
Ce serait comme couper les ailes
À un oiseau sauvage

Laissez-la partir
Fermez les yeux
Dites-lui "adieu"
Pensez que c'est pour le mieux
La garder avec vous
Ne fera que la faire souffrir

Laissez-la partir
Sans remords
Sans peine
Soyez heureux
Pour elle qui sourit déjà
Aux anges...

samedi 15 mars 2008

Tarots et amour à sens unique

Un appartement plongé dans la pénombre, mise à part la faible lueur d’une lampe de chevet. Un téléphone qui sonne sans arrêt, mais auquel personne ne répond. Des centaines de photographies. Sur les murs. Sur le sol. Sur le lit aux draps défaits. Des photographies représentant toutes, sans exception, la même personne. Les mêmes yeux, le même nez, les mêmes lèvres… Sans exception.
Au milieu de ce décor, étendu à même le plancher froid et carrelé, un homme, les yeux clos. Une image serrée tout contre son cœur.
- Et si… murmure-t-il doucement. Et si…
Dans sa tête, un visage lui sourit. Un visage dont la perfection ne doit rien aux anges. Un visage et un corps divins, pouvant entraîner le plus saint des hommes à la folie. Un corps tout en courbes et en creux. Fait pour être aimé. Fait pour être adoré. Aimé. Adoré. Vénéré… Détesté.
- Et si…

L’adolescent pénétra maladroitement dans le salon aux odeurs d’Orient. Les murs, d’un bordeaux vivant et vibrant, étaient pratiquement tous cachés par des bibliothèques remplies de livres. Des livres de sciences occultes, de médecines douces, d’astrologie. Des romans d’amour, ou des policiers. Des bouquins théoriques traitant de secrétariat. Les divans, défoncés, mais d’apparence confortable, occupaient les espaces restants. Aucune télévision. Un système de son avait été posé à même le sol ; celui-ci jouait, en sourdine, quelques-uns des grands succès de Joe Dassin. À ses côtés, une machine à écrire antique, mais d’apparence presque neuve. L’adolescent effleura les touches du clavier du bout des doigts ; rêveur, il en pressa une. Le « E ».
- Elle est belle, n’est-ce pas ?
Il sursauta. Une jeune femme venait de pénétrer dans la pièce. Elle avait de longs cheveux noirs, des yeux verts brillants, et semblait à peine plus vieille que lui.
- Elle appartenait à ma tante. Elle me l’a donnée, quand j’ai décidé de quitter la France. La jeune femme esquissa un sourire en coin. Trêve de nostalgie. Je m’appelle Madeleine, mais tu peux m’appeler Maddie, si tu le veux. Toi, tu dois être Vincent. C’est ça ?
- Oui, dit-il, gêné.
Elle portait une jupe indienne, ainsi qu'un chandail à manches courtes, ample, qui laissait voir des bras dodus, pâles comme de la craie. Son visage était rond, avenant. Elle paraissait détendue, heureuse, en dépit des fines ridules sur son front et aux coins de ses yeux magnifiques.
- Désolée d'avoir tardé. Je devais coucher le bébé. Elle lui indiqua les sofas d'un geste large. Assieds-toi. Fais comme chez toi. Veux-tu quelque chose à boire ? J'ai du café, du jus, du thé, de l'eau de source...
- Non merci. Il baissa les yeux. Vous gardez un enfant ?
Elle rit. Un rire franc, qui résonna dans la pièce minuscule.
- Le garder ? En quelque sorte. Un très long gardiennage d'environ 18 ans...
- Oh ! C'est le vôtre ? Il ouvrit de grands yeux. Pourtant, vous semblez si jeune !
- Non. Ce n'est pas le mien. Tu t'es encore trompé... Tu es un garçon plutôt curieux, n'est-ce pas ? Elle prit place sur le sol, croisa les jambes. Tout à l'heure, c'est ma voisine qui t'a ouvert ? Une femme obèse aux cheveux gris et à l'air revêche ?
- Oui.
Maddie leva les yeux au ciel, puis soupira, exaspérée.
- Charmante femme ! Vraiment ! Je l'adorerais, si elle ne guettait pas mes allées et venues et ne s'intéressait pas tant aux gens qui viennent me visiter... Nouveau soupir. Je crois qu'elle ne me fait pas tellement confiance. 22 ans, et s'occuper seule d'un bébé... Le scandale ! Si elle savait, en plus, qu'il n'est pas le mien...
Vincent hocha la tête, distrait. Il venait de voir, placée bien en évidence sur une tablette de l'une des bibliothèques, une photographie représentant Maddie en compagnie de deux hommes. Vincent se crispa.
- Ça va ? questionna Maddie, qui s'en aperçut.
- Vous le connaissez ? La voix de l'adolescent était froide, atone. Charles Courtland, vous le connaissez ?
- Oui. Madeleine sourit. Il est mon meilleur ami. Depuis cinq ans. Un jeune homme assez... particulier, disons-le comme ça. Et toi ? Tu le connais ?
- J'ai travaillé avec lui. Dans son cabinet. Vincent serrait les poings, pinçait les lèvres. Certains le disaient bon avocat, mais moi, je ne voyais qu'un petit homme.
- À chacun son opinion. Les sourcils froncés, elle sortit un paquet de cartes d'une boîte glissée sous l'un des sofas. Tu es venu ici pour que je te tire aux cartes, non ? Le veux-tu toujours ?
- Oui.
Le ton était ferme. Maddie esquissa un sourire.
- Qu'est-ce qui te questionne, mon grand ? Les études ? Le travail ? L'argent ? L'amour ?
- L'amour...
La voix vascilla quelque peu. Il rougit, baissa les yeux. La jeune femme posa sa main sur son épaule, maternelle. Un contact qui ne dura que quelques secondes, mais qui apaisa l'adolescent.
- Avant de commencer, tu as quel âge ?
- 16 ans.
- Si jeune, et déjà si grave... Elle fit la moue. Tu es né quand ? Quelle date ?
- Le 24 juin...
La moue disparut.
- Un Cancer ! Elle applaudit. Sensible, mais obstiné. Un rêveur qui sait ce qu'il veut. Où il va.
- Si seulement c'était vrai...
- Si tu ne sais pas maintenant, tu le sauras bien un jour. Elle lui fit un clin d'oeil. Merci d'avoir assouvi ma curiosité. Maintenant, commençons !
Soudain, des pleurs. Vincent tiqua.
- Oh ! Le maître ne semble pas vouloir dormir. Dommage ! Maddie se releva. Vincent, pige quatre cartes au hasard dans le paquet, mais ne les regarde surtout pas. Je reviens !
Et elle s'éclipça. Vincent, sans se presser, pigea les quatre cartes. Il fixa à nouveau la photographie. Deux hommes et une femme. Maddie Pinard, Armand Jezabel, et, bien entendu, Charles Courtland. Charles Courtland avec sa beauté inhumaine, sa classe, son charisme, sa fortune, son humour sarcastique... Celui qui, même marié, fait soupirer toutes les femmes, la jolie Esther Odin y compris...
- Théo, dis bonjour à Vincent !
Vincent sursauta. Maddie tenait dans ses bras un nourrisson grassouillet et gazouillant.
- Ne t'en fais pas, Théo. Il a une drôle de tête, mais il est très gentil. Un peu timide, mais sympa. Embrassant la tête du poupon, elle reprit sa place lentement. Puis-je avoir tes cartes ?
Il les lui tendit. Le bébé le fixait de ses grands yeux innocents. L'adolescent détourna le regard, intimidé. Maddie plaça les cartes sur le sol, puis les retourna une à une.
- Intéressant.
- Et puis ? Vincent la regardait, inquiet.
- Tu es amoureux, il n'y a pas de doute. Depuis un bout de temps. Un amour pur, désintéressé... mais à sens unique. Ton béguin est une jeune fille très belle, mais inaccessible. Un peu comme une princesse dans sa tour.
Il hocha vivement la tête.
- Et... est-ce qu'elle va finir par s'intéresser à moi ?
- Désolée, mais les cartes ne semblent pas le croire. Elle a l'air d'en aimer un autre que toi. Maddie souffla sur les cheveux fins et sombres du bébé. Et, malheureusement pour toi, tu vas aimer cette fille pendant encore longtemps...
- Joyeux... Vincent se mordit la lèvre ; ses yeux étaient brillants. Merci.
La jeune femme eut pitié de lui.
- Veux-tu prendre Théo ? Quand je suis triste, ou quand je me sens particulièrement seule, je le prends dans mes bras, et mes soucis s'évaporent comme par magie. Veux-tu essayer ?
Vincent, d'abord hésitant, finit par tendre les bras.
Pourquoi pas ?
Avec mille précautions, elle plaça le poupon au creux des bras de l'adolescent. Celui-ci sentit pour la deuxième fois de grands yeux se river aux siens. Un sourire naquit sur le petit visage parfait.
- Il t'aime bien, on dirait. Tu es chanceux. Il n'est pas tout le temps très sociable. Elle rit. Surtout pas avec Charley !
Vincent répondit au sourire avec joie.
- Il a quel âge ?
Maddie cessa tout net de rire.
- Sept mois.
- Sept mois ? Vincent blêmit. Tout comme...
La jeune femme reprit le poupon, le serra contre elle ; il se mit à rechigner.
- Oui. En effet.
- Mais je croyais...
- Oui ?...
- Qu'elle l'avait donné en adoption...
- Tes souvenirs sont bons. Son était calme. C'est ce qu'elle a fait. J'ai adopté l'enfant, avec l'aide d'Armand.
- Il est donc le fils de... Pâle, Vincent pointa la photographie.
- Oui. Elle berça Théo, tendre. On ne choisit pas ses parents...
- Pourquoi l'as-tu pris ? Il ne pouvait pas l'élever, lui ?
- Non. Il avait ses raisons...
- Comme comment l'expliquer à sa légitime, oui !
- Entre autres.
Vincent regarda l'enfant, qui jouait avec les doigts de sa mère adoptive.
- Il y a le meilleur et le pire de l'humanité dans cet enfant.
- Et le meilleur viendrait d'elle ? Maddie fit la moue, sceptique. Tu ne vois plus avec les yeux de la raison, mon pauvre garçon...
Il ignora son commentaire.
- Quand elle me regarde, quand elle me sourit, on dirait que tout m'est possible. Rien n'est trop beau, trop grand, trop difficile. Il eut un sourire rêveur. Une part de moi est persuadée qu'elle est mon âme soeur...
Maddie hocha la tête, effleura des lèvres l'oreille de Théo.
- Excuse-le : il est amoureux, ce sôt... chuchota-t-elle au bébé qui se remit à sourire.

vendredi 14 mars 2008

Mémoires d'un homme invisible

Mémoires d'un homme invisible
Que personne ne voit, que personne n’aime
Que personne ne salut
Qui est là, sans plus
On devine sa présence
Mais est-ce qu'on y pense ?
Avons-nous le temps de songer
À cet être oublié ?
Car le temps file
À toute vitesse
Le monde se presse
Et passe, sans cesse
Devant ce fantôme
Qui parle dans le vide
Qui aime
Mais sa passion n'est guère réciproque
Et dans son coin
Il pense à tout ce chemin
Qu'il a accompli
À toute sa vie
Pour se rendre compte d'un manque
De cette solitude
Et il cherche
Au-delà des étoiles
La personne qui saurait l'admirer
Mais ne peut guère la trouver
Car qui pourrait aimer
Qui pourrait désirer
Cet être insignifiant
Qui a laissé passer le temps
Pour écrire ses mémoires
Les mémoires d'un homme invisible
Les mémoires d'un être humain
Qui a emprunté les plus ardus chemins
Pour accomplir sa destinée
À mi-chemin de la réalité
Les mémoires d'un homme invisible
Que personne ne voit, que personne n’aime
Une histoire, une épopée
Que bien peu oserait raconter
Car elle est si triste
Si triste...

Renouveau

Par un beau jour
Je l'avais rencontré
Les cheveux au vent
Un étrange sourire aux lèvres
Un personnage bizarre
Mi-homme, mi-enfant
Qui chevauchait les tempêtes
Qui courrait après le temps
Un petit homme blond
Au regard malicieux
Qui, d'un seul coup de baguette
M'avait ensorcelée
L'esprit au blizzard
Le cœur en feu
Il avait cette manière
De parler de choses
Que l'on nommait "tabous"
Et qui ne le gênaient pas du tout
Trop protégé par cette pureté
Par cette innocence
Par ce cocon
Qui l'isolait du monde
D'aujourd'hui
Sans trop de regrets
J'avais fait sa connaissance

Dans les rues de la ville
Tandis que je me promenais
Et que je cherchais mon chemin
Dans un rire sonore
Il me l'avait indiqué
Sans vouloir se moquer
De mon désarroi
De mon égarement
Dans cette vie qui était la mienne
Ce tout petit garçon
Aux cheveux d'or
Aux grands airs plein de sagesse
Me rappelait tendrement
Ce fils que j'avais perdu
Il y a quelques années
Même voix ensoleillée
Même imagination débordante
Et sans me parler
Il avait comblé en moi
Les vides de mon existence
Et me fit oublier
Ce que j'avais fait, tenté
Pour me consoler
Alors, seule dans les rues de la ville
Le petit ange à mes côtés
Je me suis mise à chanter
Ma nouvelle joie de vivre
Et quand je me retournai
L'ange avait disparu
Seuls restaient dans les airs
Les échos de son rire

Fuite

Plus que quelques minutes
Mon cœur s’emballe
Les secondes paraissent éternelles
J’ai les yeux rivés sur la porte
Je guette les allées et venues
L’attente, toujours l’attente
Et là…
L’air devient soudain irrespirable
Un poids m’est tombé sur les épaules
Je sens venir le malaise
Une tempête en moi se déclare
Et je fuis
Je détourne le regard
Mes amis, malgré eux, se font paravents
Mes bouquins deviennent des forteresses imprenables
Je m’abrite en vain derrière des monologues
Mais ces bouquins, je ne les vois plus
Ces monologues, je ne les entends plus
Car mes sens m’ont été volés
J’ai perdu le contrôle de ma tête
J’ai perdu le sens des réalités
Mon imagination n’est plus là pour me sauver
Et je fuis
Même si la tristesse me guette
Même si la jalousie me ronge
Même si mon sommeil tarde
Je fuis
Je fuis ses regards et mes silences
Je fuis mes désirs et mes peurs
Je fuis mes espoirs et mes doutes
Je fuis ma vie et ma douleur
Je fuis mes pensées et mes obsessions
Mes obsessions qui portent son nom
Je cherche une issue à ce cul-de-sac
Je cherche la paix dans son absence
Pour ne trouver au final qu’un vide
Pour finir par errer sans but
Avec l’espoir de le revoir
Et, malgré tout, je fuis
Je fuis l’amour et ses déceptions
Je fuis mes illusions et mes frustrations
Je fuis le bonheur, je fuis la vie
Je confonds l’attirance
Avec la maladie
Je cherche une cure
À mes heures d’insomnie
À ma faim disparue
À mes ambitions dissolues
Je fuis
En fermant la porte derrière
En me disant que ce que j’ai cru percevoir
N’aura été que le reflet de mes chimères

mercredi 12 mars 2008

L'attente

La petite fille
Se tient bien droite
Le cœur battant très fort
Les yeux brillants

La petite fille
Frémit d’impatience
Gigotant sans cesse
Incapable de se calmer

Entre ces quatre murs blancs
Elle attend la fin
Elle affronte son destin
Et, pourtant, elle attend

Elle attend
Elle attend que le ciel vire au gris
Elle attend les nuages
Elle attend la tempête

Et déjà, elle s’impatiente
Les membres raidis
Ô ! divine neige !
Quand daigneras-tu tomber ?

Car, lorsqu’elle apparaîtra
Douce neige, pure neige
La fillette, sourire aux lèvres
Vous la montrera du doigt

« Regardez ! » vous implorera-t-elle
De ses grands yeux d’enfant trop sage
« Regardez comme c’est beau !
Comme elle est éphémère, le neige

Comme elle me ressemble ! »
Et elle se mettra à rire
Le regard empli de tristesse
En pensant à cette vie impitoyable

Elle vous dira que bientôt
Elle aussi, elle sera flocon
Flocon parmi tant d’autres
Et elle blanchira cette terre

Et
Elle disparaîtra
Et
Elle ne vous oubliera pas

La petite fille et son poisson

Il flotte
Libre de ses mouvements
Sans fil d’attache
Libre d’aller où il veut
Insouciant, nonchalant
Rêveuse, envieuse
La petite fille le regarde
Les pupilles dilatées
Une moue attristant sa bouche délicate
Elle le regarde
À travers la vitre de l’aquarium
Elle pose des questions existentielles
À son petit poisson rouge
Pourquoi à lui ?
Pourquoi pas à sa m ère ?
La petite fille aimerait bien
Mais sa mère en a déjà assez sur les bras
Avec son père, son travail
Pourquoi le monde d’aujourd’hui
Ne prend-il plus le temps de respirer ?
L’air est-il rendu à ce point nocif ?
La petite fille n’y comprend rien
Elle ne sait pas pourquoi son poisson
Pourtant doté de si belles nageoires
Ne nage pas dans l’océan
Aux côtés des dauphins
La petite Élise en est toute bouleversée
Sa mère, naguère
L’emmenait plus souvent à la mer
Sa mère était là, avant
Mais bon
Pourquoi les adultes sont-ils
Aussi avares de leur temps ?
Court-il trop vite ?
Les essouffle-t-il à force de s’enfuir ?
Petit poisson aux belles écailles pourpres
Pourpres… Pourquoi pourpres ?
Pourquoi les corbeaux ont-ils les ailes noires ?
Pourquoi les gens sont-ils parfois plus beaux
À l’extérieur qu’à l’intérieur ?
Certains sont parfois chanceux
Dont son poisson
Léger, d’agréable compagnie
Toujours silencieux
Pourquoi les poissons ne conversent-ils pas ?
Ils sont comme les adultes
Pourquoi les adultes ne parlent-ils pas ?
Ont-ils une certaine quantité
De mots à utiliser par jour ?
Bonne question
Le monde d’aujourd’hui est plein de questions
Était-ce mieux avant ?
Les gens se chicanaient-ils, avant ?
Élise, mains jointes, une larme au coin des yeux
Prie pour que les poissons rouges
Puissent un jour parler
Comme les murs
Ils ont sûrement quelque chose à raconter…

Les portes ouvertes

La vie est belle, la vie est cruelle
Je ne sais pas dire au revoir

Les années, les différents ont effrité
Notre belle amitié
Des portes s'ouvrent à nous
Tu me vois tentée ; je te vois hésiter
Dis, si je prends celle de gauche
Me suivras-tu ?
Seras-tu là pour m'appuyer ?
Ou ne suis-je là que pour panser tes ailes brisées ?
Quelle valeur donnes-tu
À ces cinq dernières années ?

L'ambition me taraude ; la jalousie te ronge
Suis-je la seule à vouloir avancer ?
Suis-je la seule à pouvoir avancer ?
Ah ! c'est vrai, j'ai oublié : tes ailes sont brisées
Je suis décidée à avancer, à persévérer
Toi, tu t'es condamnée à stagner
Alors, avec ou sans toi, je prends la porte de gauche
Toi, tu resteras là, tu ne bougeras pas
Je sais que la vie va continuer
Avec ou sans toi, j'évoluerai

Tu es là, derrière
Je te vois, d'en haut
Tu m'as remplacée
Personne n'est irremplaçable
Je ne t'en veux pas
Je ferai bientôt de même

La vie est belle, la vie est cruelle
Et je ne sais toujours pas dire au revoir

Théorie de la quête identitaire assidue

L’ère moderne est l’ère de l’identité. L’identité sociale. L’identité culturelle. L’identité et le « moi » psychanalytique. L’identité trouvée. L’identité volée. L’identité copiée.
Toujours et éternellement cette même question en arrière-plan : qui sommes nous ?
Sommes-nous seulement capables de répondre à cette question ? Cette recherche nécessite-t-elle des mois ? des années ? des décennies ? Ou, voire, une vie entière de réflexion ?
Le conte d’aujourd’hui s’intitule : « La quête de Lucille Lachance ».

Lucille Lachance avait été, depuis son enfance, une personne pleinement, et naïvement, heureuse. Elle ne s’était jamais posé de questions sur ses choix existentiels, sur quel chemin prendre dans la vie, sur sa propre identité, sur sa propre personne. Il faut dire que sa mère, brave femme, l’avait élevée selon le principe qu’une femme heureuse est une femme qui réfléchit le moins possible.
Il faut également ajouter que la vie, ou, plus précisément, son mari, ses parents, ses amis et ses enfants s’étaient toujours chargés de réfléchir et de prendre les décisions à sa place. Ses parents voulaient qu’elle devienne enseignante ; elle est devenue enseignante. Son mari, Roger Bonenfant, désirait qu’elle laisse son emploi pour rester à la maison dans le but de prendre soin des enfants ; elle est devenue mère au foyer. Sa vieille mère a souhaité qu’elle ne la laisse pas tomber, malgré son sale caractère de mégère – et son tempérament très décidé, en dépit de ses propres conseils – et ses remontrances régulières ; Lucille Lachance l’a accueillie dans sa maison et a pris soin d’elle jusqu’à la fin.
Bref, Lucille Lachance était une sotte heureuse. Aucune anxiété, aucun tracas, aucune réflexion existentielle ne la tenaient réveillée jusqu’aux petites heures du matin.
Non.
Tout était bien clair, dans la tête de Lucille : elle était la fille de ses parents, l’épouse de son mari, la mère de ses enfants, l’amie de ses amies, la maîtresse de son chien, etc., etc.
Mais qui était-elle, elle, en dehors de ces titres familiaux, amicaux, filiaux, et, autrefois, professionnels ?
Elle ne se posait même pas la question.
C’était le vide dans son esprit. On aurait pu croire que seules quelques mouches résidaient dans sa tête innocente.
Ses amies, tout en ne la comprenant pas, l’enviaient. Les inconnus la considéraient comme une créature provenant d’un autre univers.

Bien entendu, cela ne pouvait durer.
Où aurait été le plaisir – quelque peu sadique – sinon ?

Donc, Roger et Lucille eurent cinquante ans…
… et ce fut à ce moment précis que la vie de Lucille s’écroula.
Cela commença par la mort de Brutus, son chien ; elle perdit alors son premier titre. Suivit le décès de sa mère. Ses enfants, Frédéric et Alexandra, qui quittèrent la maison familiale. Une amie d’enfance qui partit vivre à l’étranger.
Enfin, Roger rencontra une superwoman de vingt ans sa cadette, belle, brillante, décidée, avec un esprit libre et engagé… Bref, tout le contraire de la pauvre Lucille ! La tentation fut trop grande et il partit à son tour…
… laissant seule derrière lui une Lucille…
… qui venait, en quelques semaines, quelques mois, de perdre tous les titres qui lui permettaient auparavant de se définir.
En plus, n’ayant plus personne pour prendre les décisions à sa place, pour la première fois de sa vie, elle se retrouvait maîtresse de son propre destin.
Et elle se mit à réfléchir.
Une question, inévitable, se mit à la torturer, et elle eut envie de la crier sur les toits à tue-tête : QUI SUIS-JE ?
Qui suis-je, maintenant que je ne suis plus la fille de mes parents, l’épouse de mon mari, la mère constamment présente dans la vie de mes enfants, la maîtresse de mon chien ?
Elle était une femme.
Déjà un début.
La réponse du miroir fut décevante : elle était une femme, certes, mais pas très belle, pas très mince, grisonnante, légèrement poilue, avec des oreilles décollées et des yeux de porcin.
Un vieux whippet poilu abandonné dans le fond du frigo, voilà ce qu’elle était. De quoi envisager sérieusement la chirurgie plastique…
Mais peut-on uniquement se définir par son apparence extérieure, surtout si elle est aussi peu reluisante ?
Elle demanda conseil aux copines. Celles-ci s’étonnèrent, se questionnèrent entre elles, puis ricanèrent.
Excellente nouvelle : Lucille était humaine !
Après avoir bien rigolé - et cessé complètement d’envier la décontraction de Lucille - elles lui conseillèrent différentes méthodes pour se connaître : les magazines féminins, les tests de personnalité et de QI, les manuels de psychanalyse, les livres de psycho-pop, l’astrologie occidentale, chinoise, amérindienne…
Et la quête de Lucille débuta.
Elle qui n’avait jamais fait d’insomnie, elle se mit à dormir une nuit sur quatre par cause d’anxiété !
Elle apprit qu’elle était Poissons ascendant Capricorne, qu’elle était d’un style vestimentaire à la fois « classique » et « artiste » (une manière polie de lui dire qu’elle était une débraillée qui espérait, vainement, de faire chic), qu’elle était de nature introvertie et légèrement bonasse, qu’elle souffrait d’un complexe d’Œdipe latent… et qu’elle avait le QI d’un poisson rouge.
Elle lut des centaines de livres, passa des heures devant la télévision, écouta des milliers de chansons, dans l'unique but de connaître quels étaient ses goûts en matière de « culture » (du moins, si l’on catégorise la télé réalité comme étant de la culture…).
Tout était nouveau pour elle ; mis à part son identité, il y avait aussi les comptes à payer, la décoration de la maison à choisir, l’emploi à trouver pour pouvoir tout payer…
Elle alla voir un psychologue…
… qui portait malheureusement le nom de Louis Lesage…
Comme il fallait s’y attendre, il se moqua d’elle.
- Qui suis-je, docteur ?
Il cessa de rire au bout de vingt minutes.
- Vous vous fichez de moi ?!
- Non.
- Eh bien, vous êtes une femme ! dit-il, hilare. Même si on pourrait en douter…
- Mais encore… ?
- Souhaitez-vous ma franchise… ou de pieux mensonges ?
- Votre franchise !
- Bon… Il la scruta dédaigneusement de la tête aux pieds. Premièrement, je comprends pourquoi votre mari vous a larguée : vous voir me rend heureux d’être célibataire. Deuxièmement, vous êtes poilue, vous avez des yeux de veau inexpressifs, et un tantinet niais, vos cheveux sont tellement sales qu’ils tiendraient en brosse sans le moindre gel… Troisièmement, mes honoraires sont de trois cent dollars de l’heure ; refaire la décoration, de nos jours, ce n’est pas donné !
Il ne put s’empêcher de caresser tendrement, avec un soupir de regret, le bras de son fauteuil.
Même si Lucille Lachance, devenue Lucille Lapoisse, ne réfléchissait par elle-même que depuis quelques semaines, elle décida qu’il valait mieux, pour son estime personnelle, et son identité fraîchement acquise, ainsi que pour son portefeuille, de ne pas retourner voir ce Louis Lesage. Elle comprenait maintenant mieux l’air traumatisé que prenaient ses copines en prononçant ou en entendant le nom du soi-disant spécialiste de l’esprit humain.
Lucille poursuivit bravement sa quête.
Elle se rendit compte qu’elle aimait le noir, que Céline Dion lui tapait sur les nerfs, qu’elle préférait les chats aux chiens, et qu’elle aurait probablement plus d’affinités sexuelles avec un Taureau qu’avec un Bélier.
Elle se moquait du fait que ses amies la délaissèrent peu à peu ; celles-ci la trouvaient plus « intéressante », et, surtout, plus revalorisante, lorsqu’elle était sotte et influençable.
Elle suivit des cours pour devenir infirmière.
Ses enfants s’étonnèrent de sa transformation, mais s'en réjouirent pour elle.
Cependant, il y avait un hic : que faire de cette inquiétude qui la rongeait constamment ? De ce soucis de performance ? De son anxiété quant aux décisions à prendre aujourd’hui ? demain ?
Était-ce mieux d’être sotte et définie selon les autres, ou bien d’être éclairée sur soi-même, tout en étant terrorisée par la complexité humaine ? par la complexité de la vie ?

Un beau jour, en faisant son marché, elle eut le coup de foudre pour un comptable à la retraite, Alain. Il était séparé, avait trois enfants… Un choix s’offrit à elle ; elle choisit l’option de la facilité.
En d’autres mots, elle retomba.
Elle devint la conjointe d’Alain, la belle-mère des enfants de ce dernier, la bru d’une vieille snob acariâtre, la maîtresse d’un nouveau chien, etc., etc.
Elle quitta son nouvel emploi, son ancienne maison, son identité fraîchement, mais durement acquise. Ses anciennes copines revinrent. Ses enfants, exaspérés, se promirent mutuellement de ne jamais lui ressembler. Louis Lesage, qui en entendit parler par le bouche-à-oreille, ricana deux fois plus, mais, malheureusement, ne mourut pas de rire.
Le cerveau de Lucille Lachance s’éteignit, tout comme s’éteindrait bêtement un ordinateur.
Elle redevint pleinement heureuse, se contentant de vivre une vie qu’on choisissait pour elle…

Le bonheur est-il dans l’ignorance du soi et du monde qui nous entoure ?
Ou les craintes, le stress, les angoisses sont-ils des maux nécessaires pour vraiment vivre ?...

mardi 11 mars 2008

Odeur et nostalgie

Viens près de moi
Viens, que je te hume
Tu dégages une odeur de nostalgie
Que je veux faire mienne

Viens près de moi
Je me ferai silencieuse
Je fermerai les yeux
Je t’oublierai, peut-être

Viens près de moi
Que je me souvienne d’elle
Que je me rappelle ses rires
Je serai heureuse, malgré ma peine

Viens près de moi
Laisse-moi m’abandonner
À ce doux parfum d’innocence
Synonyme de poissons volants

Viens près de moi
Je ne te dirai rien
Un sourire triste flottera sur mes lèvres
Je t’oublierai, sûrement

Viens près de moi
Ce sera son visage
Qui hantera mon rêve éveillé
Je t’oublierai

Scandale !

Scandale !
La star instantanée s’est échappée
De sa télé-réalité
Cette vedette disjonctée
Qu’on avait engagée
Seulement pour amuser
Une audience paumée
Une audience blasée
La diva en a eu marre
De tout ce cirque médiatique
Paparazzis, potins, journalistes et cie
Marqués du sigle de Québécor
Marre de cette foule criant « encore ! »
Elle a voulu retrouver sa liberté
D’avant qu’on l’ait enfermée
Dans la célébrité
Dans le star système
D’avant qu’elle soit un modèle, un emblème
Un emblème de quoi ?
Le symbole d’une société
Qui a fait copier-coller
Qui s’est américanisée
Une société qui, pompeusement
Se déclare distincte
Mais dont la souveraineté
A pris la clé des champs
Et, au loin, volatilisée
Notre vedette disjonctée
Maintenant remplacée
A pu enfin respirer
L’air pur et doux
Du retour à l’authenticité